Levallois au fil de l’Histoire


6ème  édition pour le Salon du Roman Historique de Levallois organisé par la Ville de Levallois avec le concours de La Médiathèque et de quatre librairies partenaires.

Salon du Roman Historique

Près de 150 écrivains, généralistes, spécialisés en littérature jeunesse, illustrateurs de bande dessinée et, pour la première fois, auteurs de documents et essais ont rendez-vous avec leurs lecteurs dans les Salons d’Honneur de l’Hôtel de Ville de Levallois. Parallèlement aux séances de dédicaces particulièrement prisées, un programme de rencontres et cafés littéraires est proposé tout au long de cet après-midi d’hiver plaçant ainsi la parole de l’écrivain au centre de la réflexion historique. Président de la manifestation, l’auteur algérien Yasmina Khadra incarne parfaitement à travers son œuvre riche et puissante le souhait du Salon de ne pas cloisonner la littérature historique, mais d’accueillir largement les auteurs – notamment ceux ayant publiés aux rentrées littéraires de janvier et septembre – de récits marqués par une trame historique, qu’il s’agisse de notre histoire récente ou de la Grande Histoire.

Et puisque la littérature jeunesse a également toute sa place à Levallois, plusieurs rendez-vous pour les plus jeunes rythmeront les jours précédant le Salon et des animations spécialement imaginées pour eux se dérouleront le dimanche 26 février au fil de l’après-midi.

Bon Salon à toutes et à tous.

Yasmina Khadra, président du Salon du Roman Historique 2017


Khadra

Militaire avant de se consacrer pleinement à l’écriture, Yasmina Khadra a participé à la guerre contre le terrorisme avec l’armée algérienne jusqu’en 2000. Aujourd’hui auteur internationalement reconnu, il est traduit en plus de 40 langues, et son œuvre prolifique et profonde fait de lui un artiste salué et aimé dans le monde entier.

Couronnés de nombreux prix, adaptés au théâtre ou en bandes dessinées, ses ouvrages sont également portés à l’écran, notamment L’Attentat, par Ziad Doueiri ou Ce que le jour doit à la nuit par Alexandre Arcady. Yasmina Khadra a aussi co-signé deux scénarios : La voie de l’ennemi, avec Forest Whitaker et Harvey Keitel, et La Route d’Istanbul, tous deux réalisés par Rachid Bouchareb.

Après La dernière nuit du Raïs, ouvrage publié en 2015 dans lequel le narrateur est l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, il a publié en septembre dernier Dieu n’habite pas La Havane (Julliard), un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves dans lequel il mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

Bibliographie sélective :

  • Morituri (Baleine, 1997)
  • Les Hirondelles de Kaboul (Julliard, 1997)
  • L’Attentat (Julliard, 2005)
  • Ce que le jour doit à la nuit (Julliard, 2008)
  • L’Équation africaine (Julliard, 2011)
  • Les Anges meurent de nos blessures (Julliard 2013)
  • La Dernière Nuit du Raïs (Julliard, 2015)
  • Dieu n’habite pas La Havane (Julliard, 2016)
Couvertures livres Khadra

Yasmina Khadra et le roman historique…

« Le roman a pour vocation de nous soustraire à nos camisoles de citoyens exploitables et imposables, écartelés entre les impératifs du présent et les angoisses des lendemains. Il est un peu cette porte dérobée qui donne sur le monde qui nous fait défaut, où l’on peut aller à l’air libre, sans frontières, sans passeports biométriques ni visas, avec juste une curiosité saine en bandoulière et une empathie à cultiver. Lorsque nous ouvrons un livre, nous partons quelque part nous reconstruire.

Le livre nous rend à notre humanité. En lisant, nous devenons attentifs aux Autres, pleinement disposés à les découvrir, à partager leurs joies et leurs peines.

Le livre est notre échappée belle. Il nous délivre de nous-mêmes. En nous racontant les Autres, il nous éveille à nos propres zones d’ombre puisqu’il y a immanquablement une part de nous-mêmes en chaque personnage que nous confie l’écrivain.

Sur quoi repose le succès d’un roman ? Dieu seul le sait. Le succès est une rencontre de troisième type. On ignore de quelle planète il débarque. On le vit, parfois on le subit, et c’est tout.

Le roman historique connaît une large popularité, et c’est tant mieux. Chercher le secret de sa réussite pourrait lui porter le mauvais œil. Se contenter du plaisir qu’il nous procure est la meilleure façon de le célébrer.

Personnellement, je n’ai jamais réussi à situer les points d’appui d’un succès. Certains de mes romans ont eu un écho retentissant. Mon roman préféré, celui dont je suis le plus fier, n’a pas connu la même « gloire ».

Les voies du Lecteur sont impénétrables.

Cependant, que resterait-il si on évitait de se poser les mauvaises questions ? Le plaisir de lire. C’est ce qui compte.

Mon rapport au roman historique ne relève pas de sa popularité ; il repose sur mon besoin d’interroger une époque méconnue pour pouvoir assimiler la mienne. J’ai besoin de voyager à travers le temps, de traquer les âges et les univers afin de déserter un quotidien sans attrait, de divorcer d’avec la routine. Une manière comme une autre de changer d’air pour mieux respirer le monde ambiant. Aussi lis-je sans modération. Non pour tourner le dos à la réalité de mes jours, mais pour la prendre de revers. Quand je lis, je me réinvente. Je ne sors jamais tout à fait le même d’un livre. Je suis quelqu’un d’autre, mieux éclairé que le précédent. La lecture est une perpétuelle rédemption. Elle nous fait renaître au sens de notre existence, aux lumières de la Connaissance. C’est merveilleux, la réincarnation lorsqu’elle nous prolonge dans le Savoir. Elle nous fait toucher du bout des doigts le pouls de l’Eternité. »

Yasmina Khadra

Comment l’Histoire m’inspire
Entretien avec Yasmina Khadra

14h00
Salle des mariages
Animé par Karine Papillaud

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